L’article en bref
La Conférence des évêques de France coordonne l’action pastorale des diocèses tout en respectant leur autonomie.
- Une institution de communion fondée en 1964 après Vatican II, réunissant cardinaux et évêques en activité sur le territoire français
- Une autorité de service : le président coordonne sans relation hiérarchique, préservant l’autonomie épiscopale de chaque diocèse
- Des domaines d’action concertée : traductions liturgiques, défense de la vie, dialogue interreligieux et relations avec les autorités civiles
- Une organisation collégiale avec l’Assemblée plénière à Lourdes, le Conseil permanent et des commissions spécialisées assurant la continuité
- Des défis contemporains : baisse de la pratique religieuse, crise des vocations, lutte contre les violences sexuelles et préservation du patrimoine
Depuis mon ordination, j’ai eu le privilège d’observer et d’accompagner l’évolution de notre Église en France. Permettez-moi de vous présenter cette institution qui, à bien des égards, incarne la communion épiscopale au service de notre foi commune. La Conférence des évêques de France demeure une réalité méconnue, pourtant essentielle à la vie spirituelle de nos diocèses.
En ce temps où les fidèles recherchent des repères solides dans leur vie de foi, comprendre le fonctionnement de cette instance me semble nécessaire. Je me souviens d’une conversation enrichissante avec Monseigneur Duchamp lors d’un pèlerinage à Lourdes, où il m’expliqua avec bienveillance comment cette assemblée contribue à nourrir la mission pastorale de chacun.
Une instance de communion au service de la mission pastorale
La Conférence des évêques de France réunit l’ensemble des cardinaux et évêques en activité exerçant leur charge pastorale sur notre territoire. Cette institution, fondée en 1964 suite au concile Vatican II, trouve son siège au 58 avenue de Breteuil, dans le septième arrondissement de Paris. J’ai eu l’honneur de visiter ces locaux lors d’une réunion diocésaine, et j’en garde le souvenir d’un lieu empreint de recueillement et de réflexion.
L’assemblée regroupe également les évêques placés à la tête des éparchies des communautés arménienne, ukrainienne et maronite en France. Cette diversité témoigne de la richesse de notre Église catholique et de sa capacité à accueillir différentes traditions orientales. Les vicaires apostoliques et préfets apostoliques des départements d’mis à part-mer complètent cette composition, ainsi que les administrateurs diocésains exerçant leur charge dans les diocèses momentanément privés de bergers.
La collégialité épiscopale en action
Selon la définition éclairée de Benoît XVI en 2010, cette instance constitue une application concrète de l’affection collégiale des évêques en communion avec le Successeur de Pierre. Cette dimension fraternelle me touche particulièrement, car elle rappelle que nos pasteurs, bien que responsables de diocèses distincts, marchent ensemble vers un même horizon spirituel.
L’autorité de cette conférence se manifeste comme une autorité de service, et non de substitution. Le président n’entretient aucune relation hiérarchique avec ses pairs : il coordonne les positions sans jamais supplanter la compétence propre de chaque évêque dans son diocèse. Cette subtilité ecclésiologique garantit l’équilibre entre unité et diversité, entre communion et autonomie.
Coordonner sans contraindre
La mission première consiste à coordonner l’action pastorale à travers des orientations communes aux 94 diocèses français. Cette harmonisation respecte pleinement l’autonomie de chaque évêque, rappelant ainsi que la Conférence épiscopale ne constitue nullement un échelon intermédiaire entre le pape et les évêques. Cette précision revêt une importance capitale pour préserver la structure hiérarchique voulue par notre tradition.
Le contexte historique, culturel et social partagé par nos diocèses justifie cette collaboration. Les évêques échangent sur les questions touchant la proposition de la foi, réfléchissent ensemble aux enjeux sociétaux et éthiques qui interpellent nos contemporains. Cette démarche synodale enrichit la réflexion de chacun et fortifie notre témoignage collectif.
Des domaines d’action concertée
Certaines questions requièrent une approche commune. Je pense notamment à la traduction des livres liturgiques, qui nécessite une cohérence linguistique et théologique. La promotion des vocations religieuses, l’engagement œcuménique et les relations avec les autorités civiles bénéficient également de cette coordination.
| Domaine d’action | Objectif principal |
|---|---|
| Défense de la vie | Protection de sa conception à sa mort naturelle |
| Famille et mariage | Sainteté du mariage et droits parentaux |
| Dialogue interreligieux | Promotion de la compréhension mutuelle |
| Justice sociale | Paix et équité dans la société |
L’organisation institutionnelle au service de la collégialité
À la tête de l’institution siège un président élu pour trois ans, mandat renouvelable une fois. Le cardinal Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille, a été élu le 2 avril 2025, succédant à Monseigneur Éric de Moulins-Beaufort. Cette élection marque une nouvelle étape que j’observe avec intérêt et espérance.
Une structure collégiale efficace
Le président s’appuie sur deux vice-présidents et un secrétaire général. Monseigneur Vincent Jordy, archevêque de Tours, et Monseigneur Benoît Bertrand, évêque de Pontoise, occupent les postes de vice-présidents depuis avril 2025. Le père Christophe Le Sourt assume la fonction de secrétaire général, nommé par l’Assemblée plénière.
L’Assemblée plénière se réunit deux fois par an au sanctuaire marial de Lourdes, lieu privilégié qui favorise le recueillement et la réflexion spirituelle. Cet organe décisionnel rassemble tous les évêques français pour débattre des orientations pastorales et des questions d’actualité. La session d’automne 2025, tenue du 4 au 9 novembre, permit à Monseigneur Aveline de présenter la feuille de route pour les trois prochaines années.
Le conseil permanent et les commissions spécialisées
Un Conseil permanent, composé de dix évêques élus, assure la continuité entre les assemblées plénières. Ses réunions mensuelles traitent des affaires courantes et préparent les travaux des sessions plénières. Cette instance garantit la réactivité nécessaire face aux événements imprévus.
Les commissions et conseils spécialisés couvrent différents domaines : liturgie, catéchèse, famille, relations interreligieuses. Comme je le rappelle souvent aux fidèles cherchant à mieux connaître leur paroisse locale et ses particularités, ces structures servent les évêques sans jamais se substituer à leur autorité propre.
Les défis actuels de notre Église en France
Notre époque confronte l’institution à des défis considérables. La baisse de la pratique religieuse, la crise des vocations sacerdotales et les scandales de violences sexuelles constituent des épreuves qui interpellent notre conscience collective. La Conférence épiscopale ne peut éluder ces questions douloureuses.
Sur la question des violences sexuelles, des mesures concrètes ont été mises en œuvre. La création de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église témoigne d’une volonté de vérité et de réparation. Une session spéciale organisée les 31 mars et 1er avril 2025 permit de dresser un état des lieux, reconnaissant les avancées accomplies tout en identifiant les failles persistantes.
La gestion du patrimoine religieux représente un autre défi majeur. La Conférence travaille avec les pouvoirs publics pour préserver et valoriser nos édifices, témoins séculaires de notre foi. Ces pierres qui ont abrité tant de prières méritent notre attention vigilante pour les générations futures.
Vous trouverez des informations complémentaires sur le wiki de l’Église et le wiki de la réligion Catholique.
