Vue aérienne de Paris avec Notre-Dame et la Seine

Religion

Par Nicolas

Combien d’église à Paris : liste complète

L’article en bref

Paris recèle un patrimoine religieux exceptionnel avec entre 140 et 200 édifices chrétiens, répartis en 106 paroisses catholiques, témoignant de plusieurs siècles d’architecture sacrée.

  • 140 à 200 édifices religieux selon les critères d’inclusion retenus
  • Diversité architecturale du gothique médiéval au béton du XXe siècle
  • Cathédrales et basiliques majeures : Notre-Dame, Sacré-Cœur, Sainte-Clotilde
  • Paroisses historiques comme Saint-Germain-des-Prés (depuis 543) et Saint-Sulpice (120 mètres)
  • Joyaux méconnus enrichissant chaque arrondissement parisien

Je me souviens encore de ma première visite à Paris, voici une vingtaine d’années. Parcourant les rues du Marais, je tombai presque par hasard sur le portail de Saint-Paul-Saint-Louis. Ce moment m’a profondément marqué : la capitale française recèle un patrimoine religieux d’une densité rare, fréquemment insoupçonné des visiteurs pressés. Depuis, combien d’églises à Paris m’a toujours semblé être la question de ceux qui pressentent l’immensité de ce trésor sans en avoir encore mesuré l’étendue.

Combien d’églises compte Paris : un patrimoine religieux hors du commun

La réponse varie selon les critères retenus. Les sources sérieuses, dont la wiki de l’Église, recensent entre 140 et 200 édifices religieux chrétiens sur le territoire parisien. Ce chiffre fluctue selon qu’on inclut ou non les chapelles, les oratoires, les édifices désaffectés ou ceux appartenant à des confessions non catholiques.

Paris est divisée en 106 paroisses catholiques, ce qui donne une première mesure du maillage ecclésiastique de la ville. La capitale abrite également 15 cathédrales, dont 5 appartiennent à l’Église catholique et 8 à l’Église orthodoxe. Six édifices portent le titre de basilique, dont cinq ont été élevés au rang de basilique mineure par décret pontifical.

Après la loi de séparation des Églises et de l’État de 1905, 75 nouvelles églises et chapelles ont été construites à Paris, preuve que la ferveur bâtisseuse ne s’est pas éteinte avec la IIIe République. Voici les grandes catégories qui structurent ce patrimoine :

  • Cathédrales catholiques et orthodoxes
  • Basiliques mineures reconnues par Rome
  • Paroisses ordinaires, réparties dans les 20 arrondissements
  • Chapelles conventuelles et oratoires privés
  • Édifices construits au XXe siècle avec des matériaux modernes

Cette diversité architecturale, du gothique médiéval au béton du XXe siècle, fait de Paris un authentique catalogue vivant de l’histoire de l’architecture sacrée en Occident.

Les cathédrales et basiliques, fleurons du réseau parisien

La cathédrale Notre-Dame de Paris, érigée sur l’Île de la Cité dans le 4e arrondissement, reste l’édifice le plus célèbre. Sa construction a duré plus de deux siècles. Napoléon Ier et Joséphine de Beauharnais y furent couronnés, scène immortalisée par Jacques-Louis David. Après l’incendie dévastateur de 2019, elle a rouvert ses portes le 7 décembre 2024, événement qui m’a ému aux larmes depuis Roanne en suivant la cérémonie à la télévision.

Trois papes ont foulé son sol : Pie VII le 2 décembre 1804, Jean-Paul II les 30 mai 1980 et 22 août 1997, puis Benoît XVI le 12 septembre 2008. La Basilique du Sacré-Cœur, qui domine Paris depuis la Butte Montmartre, fut quant à elle érigée au rang de basilique par décret du pape Benoît XV le 13 août 1919. Elle ouvre ses portes chaque jour de 6h30 à 22h30, accueillant une prière perpétuelle ininterrompue depuis 1885. Sa cloche, la Savoyarde, offerte par la région de Savoie, mesure 3 mètres et demeure la plus grosse de France.

La Basilique Sainte-Clotilde, première église néogothique de Paris, fut construite entre 1846 et 1857. Ses deux flèches, dues à l’architecte Théodore Ballu, culminent à 70 mètres. Le pape Léon XIII l’éleva au rang de basilique en 1896, à l’occasion du quatorzième centenaire du baptême de Clovis.

Les grandes paroisses historiques, témoins des siècles

Saint-Germain-des-Prés mérite une mention à part — c’est la plus ancienne des grandes églises parisiennes, dont la construction remonte à l’an 543 après J.-C. Fermée à la Révolution en 1792, reconvertie en manufacture de salpêtre, elle rouvrit en 1803. Ses voûtes constellées d’étoiles et ses fresques restaurées entre 1821 et 1854 font de cet édifice un témoignage saisissant de la continuité chrétienne à Paris.

L’église Saint-Eustache, près des Halles, impressionne par ses dimensions : 105 mètres de long, 43,5 mètres de large et 33,46 mètres sous voûte. Richelieu et Molière y furent baptisés, Louis XIV y fit sa première communion, et les funérailles de La Fontaine, de Mirabeau et de la mère de Mozart s’y tinrent. Son orgue, avec ses près de 8 000 tuyaux, est particulièrement le plus grand de France. L’église Saint-Sulpice, commencée en 1646 et achevée en 1870, mesure 120 mètres de long pour 57 mètres de large. Depuis l’incendie de Notre-Dame, elle assume la fonction de cathédrale pour les grandes cérémonies diocésaines. Les fresques de Delacroix, dont Jacob luttant avec l’ange, y sont absolument remarquables.

Les principales églises parisiennes par arrondissement

Chaque arrondissement de Paris possède ses propres joyaux religieux. Le tableau ci-dessous présente une sélection des édifices les plus notables, avec leurs caractéristiques essentielles :

Arrondissement Édifice Particularité principale
1er Sainte-Chapelle 15 verrières de 15 m, construite 1241-1248
1er Saint-Eustache Orgue de près de 8 000 tuyaux
4e Notre-Dame de Paris Rouverte le 7 décembre 2024
5e Saint-Étienne-du-Mont Seul jubé conservé de Paris
6e Saint-Sulpice 120 m de long, fresques de Delacroix
8e La Madeleine Temple néoclassique, ouvert 9h30-19h
18e Sacré-Cœur Cloche Savoyarde, 3 mètres

La Sainte-Chapelle, commandée par Saint Louis entre 1241 et 1248, mérite qu’on s’y attarde. Édifiée pour abriter la couronne d’épines du Christ, elle fut laissée à l’abandon après la Révolution pendant plusieurs décennies. Sa restauration, amorcée en 1836, nécessita 26 ans de travaux. Une nouvelle campagne majeure se déroula entre 2008 et 2015. L’accès est tarifé à 11,50 euros en plein tarif, 9 euros en tarif réduit, et gratuit pour les moins de 25 ans ressortissants de l’Union européenne. Les horaires varient selon la saison : de 9h à 17h d’octobre à mars, et de 9h à 19h d’avril à septembre.

Saint-Étienne-du-Mont, construite entre la fin du XVe siècle et le début du XVIIe, est la seule église de Paris à avoir conservé son jubé, cette dentelle de pierre séparant le chœur de la nef. Jean Racine y repose. Non loin, Saint-Paul-Saint-Louis, dans le Marais, vit Louis XIII poser sa première pierre en 1627. Quatorze ans plus tard, Richelieu y célébra la première messe. Le registre paroissial conserve encore l’autographe de Victor Hugo, qui signa lors du mariage de sa fille Léopoldine avec Charles Vacquerie en février 1843.

Des édifices méconnus qui valent le détour

L’église Saint-Augustin, construite entre 1860 et 1871 par Victor Baltard — le même architecte que les célèbres Halles de Paris —, fut l’une des premières de sa taille à utiliser la fonte et le fer. Sa coupole s’élève à plus de 80 mètres dans un style pseudo-byzantin. Saint-Roch, près du Louvre, abrite les dépouilles d’André Le Nôtre, de Pierre Corneille et de Fragonard. Son orgue compte 2 832 tuyaux, et sa façade fut élevée en 1736.

L’église Notre-Dame-du-Travail, bâtie entre 1897 et 1902 pour les ouvriers du 14e arrondissement qui œuvraient aux expositions universelles, a pour particularité une architecture métallique intérieure d’une grande légèreté. Son orgue date de 1991. Saint-François d’Assise, dans le quartier de la Mouzaïa, présente un extérieur sobre en brique — construit entre 1914 et 1926 — qui contraste avec un intérieur orné d’une splendide mosaïque byzantine. Sachez enfin que le symbolisme du coq sur les clochers est l’un de ces détails qui, une fois élucidés, transforment le regard que l’on porte sur ces édifices.

Visiter les églises de Paris : ce que peu de guides vous disent

Au-delà du comptage, la vraie richesse de ce patrimoine tient à ce que chaque édifice raconte une tranche d’histoire de France. Notre-Dame-de-la-Croix de Ménilmontant, édifiée entre 1863 et 1880, mesure 97 mètres de long pour 38 mètres de large : peu de visiteurs connaissent cette église du 20e arrondissement, pourtant aussi imposante que bien des cathédrales provinciales.

Pour les passionnés de la wiki de la réligion Catholique et d’histoire sacrée, l’ouvrage collectif Paris et ses églises du Grand Siècle aux Lumières réunit historiens de l’art, spécialistes du patrimoine et musicologues. Il offre une plongée documentée dans ces édifices que je vous encourage vivement à consulter avant tout itinéraire parisien. Prenez aussi le temps d’entrer dans des lieux moins courus : la Basilique Notre-Dame-des-Victoires, dont la venue de sainte Thérèse-de-Lisieux a renforcé le rayonnement spirituel, ou Notre-Dame-du-Perpétuel-Secours, affiliée à la Basilique Sainte-Marie-Majeure de Rome, qui accueille de nombreux pèlerins venus des Antilles.

Je vous invite surtout à ne pas vous contenter des façades. Poussez les portes, levez les yeux, laissez le silence parler. C’est là, dans la pénombre dorée de ces nefs, que combien d’églises à Paris cesse d’être une question de chiffres pour devenir une invitation au recueillement.

Laisser un commentaire