Randonneur observant un village côtier médiéval avec port

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Par Nicolas

Que faire à Saint-Valery-sur-Somme : guide complet

L’article en bref

Saint-Valery-sur-Somme allie histoire médiévale, nature préservée et gastronomie picarde. Ce bourg portuaire offre une immersion captivante dans ses richesses patrimoniales et naturelles.

  • Cœur historique : Le Courtgain aux façades colorées, le calvaire des marins et la Porte de Nevers classée au titre des Monuments Historiques depuis 1907
  • Faune remarquable : Plusieurs centaines de phoques veaux-marins observables à la Pointe du Hourdel, et près de 300 espèces d’oiseaux dans le Parc du Marquenterre
  • Découverte authentique : Train historique de la Baie de Somme longeant mollières et marais, Herbarium botanique de 1 700 m²
  • Traditions culinaires : Sauterelles (crevettes grises), passe-pierres et ficelle picarde pour une immersion gustative régionale
  • Événements annuels : Baielodies, Fêtes Guillaume, Fête de la Mer et festivités hivernales décembrales

Saint-Valery-sur-Somme m’a saisi dès ma première visite, par une matinée de mai où la lumière rasante dorée effleurait les toits en tuile du Courtgain. Je me souviens avoir levé les yeux vers le calvaire des marins et pensé que peu d’endroits en France offrent une telle densité de sens spirituel et humain condensée en quelques ruelles. Ce bourg portuaire niché à l’embouchure de la Baie de Somme, classée Grand Site de France et réserve de biosphère de l’UNESCO, réunit en un espace réduit des siècles d’histoire, une nature préservée et une gastronomie sincère. Si vous vous demandez que faire à Saint-Valery-sur-Somme, laissez-moi vous guider à travers ses richesses, avec le regard d’un homme sensible aux pierres qui prient et aux horizons qui élèvent.

Le quartier du Courtgain et la cité médiévale : le cœur historique de Saint-Valery-sur-Somme

Le Courtgain, dont le nom évoque les « courts gains » que rapportait la pêche à la crevette grise, est l’un des quartiers les plus attachants de Picardie Maritime. Ses ruelles serpentent entre des maisonnettes aux façades fleuries, peintes avec les surplus de peinture destinés aux sauterelliers, ces embarcations à fond plat qui partaient à la chasse aux crevettes grises, localement appelées « sauterelles ». Cette tradition de façades colorées perdure encore aujourd’hui.

Le calvaire des marins couronne le quartier et offre un panorama à 180 degrés sur la baie. C’est là que les épouses guettaient le retour de leurs hommes partis en mer. Ce lieu m’a profondément touché : il y a dans cette pierre dressée face à l’immensité quelque chose d’une prière silencieuse, universelle. Chaque année en août, la Fête de la Mer transforme le quartier en une célébration d’hommage aux marins disparus, décorée de filets de pêche et de glaïeuls.

La cité médiévale mérite une attention toute particulière. La Porte de Nevers, datée du XVIe siècle et classée Monument Historique dès 1907, s’impose par son pignon pointu en briques, ses grés et galets d’origine plus ancienne, et le blason du Duc de Gonzague-Nevers surmonté de la devise FIDES. Sous sa voûte subsistent les rainures de la herse. À gauche, un ancien cachot sert désormais d’espace d’exposition.

Les Tours Guillaume, dont les origines remontent au XIe siècle, portent le souvenir de Guillaume de Normandie, qui fit escale ici en 1066 avant de traverser la Manche pour vaincre Harold à Hastings. Ces tours portent aussi le surnom de « Porte Jeanne d’Arc », car la Pucelle y passa en décembre 1430, prisonnière des Anglais. L’arcade ogivale visible aujourd’hui fut édifiée en 1785, bien après la disparition du pont-levis en 1614.

L’église Saint-Martin, dont la première construction remonte vraisemblablement au XIIe siècle, arbore des gargouilles surgissant de murs en damiers de silex et de pierre. En 1475, Louis XI en ordonna l’incendie lors de la Guerre de Cent Ans. Elle fut reconstruite au XVe siècle, inscrite à l’inventaire des Monuments Historiques en 1926, puis classée en 2022. Sa beauté composite, née de chaque sinistre et de chaque reconstruction, est celle d’un édifice qui a su traverser les âges.

Pour visiter tout cela avec profondeur, je recommande vivement la visite guidée proposée par Véronique, passionnée d’histoire locale. Cette visite de trois heures coûte 21 euros par adulte, 10 euros pour les enfants de 10 à 16 ans, et reste gratuite pour les moins de 10 ans. Elle couvre l’histoire du port du XVIIe siècle à nos jours, les chapelles, le calvaire et les ruelles colorées.

La baie, la nature et les activités : que voir et que faire autour de Saint-Valery

La Baie de Somme réserve des émotions rares. Une colonie de plusieurs centaines de phoques veaux-marins y réside toute l’année. La Pointe du Hourdel, à l’ouest de Saint-Valery, constitue le meilleur point d’observation. L’été, période des naissances, impose une distance réglementaire de 300 mètres pour ne pas perturber les mères. À marée basse, les phoques se prélassent sur les bancs de sable dans une quiétude presque monastique.

Le Chemin de Fer de la Baie de Somme offre une autre façon de contempler ces paysages. Ce train historique à vapeur ou diesel relie Saint-Valery à Noyelles-sur-Mer, Le Crotoy et Cayeux-sur-Mer en environ une heure de trajet. Il longe les mollières, traverse les marais et révèle des panoramas inaccessibles autrement. Les moutons de prés salés, les chevaux de race Henson et de variés oiseaux accompagnent le voyage. Une formule dîner à bord est proposée aux beaux jours. Réservez à l’avance en juillet et août, les places partent très vite.

Le Parc du Marquenterre abrite près de 300 espèces d’oiseaux variées. La Maison de la Baie de Somme et de l’Oiseau, quant à elle, présente quelque 250 espèces naturalisées, avec des ateliers pédagogiques pour tous les âges. Ces lieux s’inscrivent dans la continuité du Festival de l’Oiseau et de la Nature, créé il y a plus de trente ans pour valoriser la richesse environnementale de la région.

L’Herbarium et son fruticetum, nichés dans un enclos de vieux murs de silex dominant les remparts, constituent un jardin botanique de toute beauté. Sur à peine 1 700 mètres carrés, plus de mille espèces étiquetées cohabitent dans un esprit de jardin de curé. Valérianes, roses trémières, lys, aneth, menthe sauvage… ce lieu m’évoque irrésistiblement les jardins claustraux des abbayes médiévales, ces espaces où la beauté du monde et la contemplation se rejoignent. Je pense à ces activités immanquables à découvrir dans un village historique normand qui partagent avec Saint-Valery cette façon de tisser patrimoine vivant et paysage sacré.

Les quais, aménagés en digue-promenade, défilent devant de belles demeures du XIXe siècle ayant appartenu à plus de 80 familles d’armateurs et de capitaines. Le port de plaisance accueille plus de 250 bateaux. Sous les tilleuls, on aperçoit parfois des veaux marins depuis la promenade.

Voici quelques événements annuels à ne pas manquer :

  1. Baielodies : festival musical gratuit, deuxième quinzaine de juin
  2. Fêtes Guillaume : week-end médiéval en juillet, fort de plus de quarante ans d’existence
  3. Fête de la Mer : deux jours d’hommage aux marins en août
  4. Fête de l’Agneau : transhumance et marché fermier en septembre
  5. Festivités Hivernales : patinoire et marché artisanal dès les premiers week-ends de décembre

Gastronomie picarde et conseils pratiques pour organiser votre séjour

La table de Saint-Valery mérite qu’on s’y attarde. Les sauterelles, ces crevettes grises qui sautent dans les eaux et sables côtiers, constituent le symbole gustatif du port. Les passe-pierres, ou salicornes, se cueillent dans les interstices du sol marin et se dégustent crues en salade, blanchies, en soupe ou conservées au vinaigre. Les oreilles de cochon, aster maritime des mollières, viennent compléter cette palette de saveurs halophytes, dont la cueillette demeure strictement réglementée.

Pour les préparations plus consistantes, le bisteu (ou bigalan) est une tourte en pâte brisée garnie de pommes de terre, d’oignons blancs et de poitrine de porc. La ficelle picarde, crêpe au jambon et champignons gratinée à la crème, et le gâteau battu, brioche cylindrique riche en jaunes d’œufs, closent le repas dans la plus pure tradition picarde.

Pour les familles qui voyagent avec des enfants, un jeu de cherche et trouve pour relever des défis en famille peut rendre la découverte du bourg encore plus vivante. Notez que les pavés de la vieille ville et les dénivelés entre la ville basse et la ville haute rendent poussettes et petites roues peu pratiques.

Voici un tableau récapitulatif pour planifier votre venue :

Période Avantages Points d’attention
Mai-juin / Septembre Lumière idéale, foule raisonnable, mollières vertes Certains trains moins fréquents hors saison
Juillet-Août Tous les événements, train à vapeur quotidien Affluence élevée, réservation indispensable
Décembre Festivités hivernales, ambiance intime Météo variable, activités réduites

Depuis Paris, comptez 2h30 en voiture via l’A16 en direction d’Abbeville, puis la D940. Depuis Lille, le trajet dure environ deux heures. En train, Abbeville constitue la gare d’arrivée (ligne Paris-Calais), puis un bus ou un taxi couvre les 20 kilomètres restants. Le vélo fonctionne remarquablement pour rejoindre le cap Hornu ou longer la baie, avec des locations disponibles en saison sur la Route Blanche de la Baie de Somme. Les meilleures périodes restent mai-juin et septembre, pour une lumière favorable et une tranquillité bienvenue.


Sources : wiki de l’Église | wiki de la réligion Catholique

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