15 Août férié : origines et signification de cette fête

Religion

Par Nicolas

15 Août férié : origines et signification de cette fête

L’article en bref

Le 15 août férié célèbre l’Assomption de Marie, jour sacré ancré dans l’histoire française depuis Louis XIII.

  • Signification religieuse : L’Assomption commémore l’élévation de la Vierge Marie au Ciel en corps et âme, dogme proclamé en 1950 mais célébré depuis le VIe siècle.
  • Origine historique : En 1637, Louis XIII consacra la France à Marie pour obtenir un héritier. La naissance de Louis XIV en 1638 ancra cette tradition nationale.
  • Statut juridique : Jour férié ordinaire sans chômage obligatoire, sauf en Alsace-Moselle. Les conventions collectives déterminent les modalités de travail et rémunération.
  • Célébrations actuelles : Des milliers de pèlerins convergent vers Lourdes chaque année, témoignant de la vitalité de la dévotion mariale française.

Je me souviens de ces matins d’août où, dans notre paroisse de Roanne, les cloches résonnaient avec une ferveur particulière. Le 15 août férié demeure pour moi l’une des célébrations les plus émouvantes de notre calendrier liturgique, un moment où la France entière se tourne vers la Vierge Marie. Permettez-moi de vous conduire à travers les méandres de cette tradition séculaire qui unit notre nation à la Mère de Dieu depuis près de quatre siècles.

La signification profonde de ce jour consacré à Marie

L’essence théologique de l’Assomption

La fête du 15 août férié commémore l’Assomption de la Vierge Marie, ce mystère glorieux où notre Mère céleste fut élevée au Ciel en son corps et en son âme. Il convient de saisir la portée de cet événement : Marie n’a point connu la corruption du tombeau, mais accéda directement à la gloire divine. Le terme Assumptio, issu du latin, signifie littéralement « prendre avec soi », évoquant cette action divine par laquelle Dieu accueillit sa servante auprès de Lui.

Je me plais souvent à rappeler à mes fidèles que cette fête constitue l’un des piliers de notre calendrier liturgique catholique romain. Le dogme fut officiellement proclamé par le Pape Pie XII en 1950, dans la constitution apostolique Munificentissimus Deus, bien que les premières célébrations remontent au VIe siècle en Orient. Cette reconnaissance officielle ne fit que consacrer une dévotion millénaire ancrée dans le cœur des croyants.

La distinction avec d’autres solennités

Combien de fois ai-je dû clarifier cette confusion auprès des paroissiens ! L’Assomption diffère profondément de l’Ascension, qui célèbre la montée au Ciel de Notre Seigneur Jésus-Christ quarante jours après Pâques. Tandis que l’Ascension possède une date variable dans le calendrier, l’Assomption demeure fixée au 15 août, conférant à cette journée une stabilité dans nos traditions.

Les racines historiques du jour férié français

L’histoire de ce jour chômé trouve sa source dans un vœu royal empreint de foi. En 1637, le roi Louis XIII, désespéré par l’absence d’héritier après vingt années d’union avec Anne d’Autriche, consacra la France à la Vierge Marie. Je médite souvent sur cet acte de foi : le monarque demanda à ses sujets d’organiser des processions dans chaque paroisse le 15 août, implorant la grâce d’un fils.

La Providence exauça cette prière. Le 10 février 1638, Louis XIII déclara officiellement prendre la Vierge comme protectrice et patronne du Royaume. Le futur Louis XIV naquit le 5 septembre suivant, événement perçu comme un miracle après les multiples fausses couches de la reine. Depuis lors, notre nation célèbre chaque année cette consécration, perpétuant un lien sacré entre la France et Marie. Lors de mes homélies, j’évoque souvent pourquoi les églises sonnent les cloches : traditions et significations, notamment en cette journée si particulière.

Le cadre juridique et ses implications concrètes

La législation française actuelle

Le 15 août figure parmi les onze jours fériés de notre nation. Cette disposition trouve son fondement dans l’arrêté du 29 germinal de l’an X, résultant du Concordat, ainsi que dans l’article 42 de la loi de séparation de l’Église et de l’État de 1905. Par contre, ce jour demeure un férié dit « ordinaire », contrairement au 1er mai qui impose un chômage obligatoire pour tous les salariés.

J’observe que la décision de faire travailler ou non les employés le 15 août repose principalement sur les conventions collectives ou les accords d’entreprise. En l’absence de dispositions particulières, l’employeur détient cette prérogative. Certains secteurs, tels que la restauration ou la santé, peuvent imposer à leurs personnels de travailler durant cette journée.

Catégorie de salariés Règles applicables
Mineurs (moins de 18 ans) Interdiction de travailler, sauf exceptions
Salariés en Alsace-Moselle Repos obligatoire sans exception
Autres salariés Selon conventions collectives

Les questions de rémunération et de congés

Les fidèles qui travaillent me questionnent régulièrement sur leurs droits. Les salariés bénéficiant d’un jour chômé le 15 août conservent généralement leur rémunération, sous condition d’ancienneté minimale de trois mois ou de mensualisation. Pour ceux qui œuvrent durant cette journée, aucune majoration salariale n’est légalement imposée, hormis si la convention collective le prévoit expressément.

Concernant les congés payés, le 15 août ne peut être décompté si un salarié se trouve déjà en vacances. Les modalités varient selon le mode de calcul : en jours ouvrables ou ouvrés. Voici les principes essentiels à retenir :

  • Si le 15 août est habituellement chômé : le salarié en vacances ne voit pas ce jour décompté de ses congés
  • Si le 15 août est habituellement travaillé : il compte comme un jour ouvrable ordinaire
  • Pour les entreprises pratiquant la RTT : les accords doivent stipuler clairement l’intégration de ce jour

Vivre pleinement cette solennité mariale

Au-delà des considérations juridiques, je vous invite à redécouvrir la dimension spirituelle de cette journée. Chaque année, des milliers de pèlerins convergent vers Lourdes, où le sanctuaire enregistre son record annuel d’affluence. En 2024, vingt mille personnes s’y réunirent dans la prière. Ces rassemblements témoignent de la vitalité de notre foi mariale, particulièrement vivace dans les nations de tradition catholique comme l’Italie, l’Espagne, la Pologne ou l’Autriche.

Je me remémore mes propres pèlerinages, ces moments de grâce où la foule des fidèles formait un seul corps spirituel. Les représentations artistiques de l’Assomption, telles que la fresque de Giovanni Lanfranco ou le retable du Titien, perpétuent dans nos mémoires ce mystère glorieux. Marc-Antoine Charpentier, compositeur du XVIIe siècle, composa deux œuvres majeures dédiées à cette fête, enrichissant notre patrimoine liturgique.

Sources externes : wiki de l’Église et wiki de la réligion Catholique

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