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Religion

Par Nicolas

Confirmation catholique : définition et sens

L’article en bref

La confirmation est un sacrement majeur de l’initiation chrétienne catholique, qui perfectionne le baptême et confère les dons de l’Esprit Saint.

  • Un sacrement d’initiation : La confirmation approfondit ce que le baptême a semé, aux côtés de l’eucharistie. Elle n’est pas un second baptême mais une étape distincte de croissance spirituelle.
  • Sept dons reçus : Sagesse, intelligence, conseil, force, science, piété et crainte de Dieu sont communiqués lors de la célébration pour fortifier le chrétien.
  • Rituel ancien : L’imposition des mains et l’onction du Saint Chrême sur le front symbolisent la force apostolique et marquent le confirmé de manière indélébile.
  • Un engagement personnel : Le confirmand répond « Me voici » à l’appel de son prénom, manifestant sa liberté et son consentement à vivre sa foi adulte.

Il y a quelques années, j’ai eu le privilège d’assister à une célébration de confirmation dans la cathédrale de Roanne. Voir ces jeunes gens — et quelques adultes — répondre « Me voici » à l’appel de leur prénom m’a profondément touché. Ce moment résume, à lui seul, toute la beauté de ce sacrement.

La confirmation est souvent mal comprise, parfois réduite à une simple formalité. Elle mérite bien mieux. Permettez-moi de vous en exposer le sens véritable.

Qu’est-ce que la confirmation dans la foi catholique ?

La confirmation catholique est l’un des trois sacrements de l’initiation chrétienne, aux côtés du baptême et de l’eucharistie. Ce n’est pas un second baptême. Elle perfectionne et approfondit ce que le baptême a déjà semé dans l’âme du fidèle. Saint Thomas d’Aquin l’exprimait avec une clarté remarquable — le baptême correspond à la naissance, la confirmation au principe de croissance, et l’eucharistie à la nourriture nécessaire pour vivre.

Historiquement, l’initiation chrétienne formait un unique processus célébré lors de la nuit de Pâques : immersion dans l’eau, onction d’huile parfumée — la chrismation — et première communion. C’est cette onction, achevée sur le front par l’évêque, qui est devenue la confirmation. Vers le milieu du Ve siècle, en Gaule, le terme de « confirmation » est apparu pour désigner ce rite distinct.

La séparation progressive des sacrements s’explique par la diffusion du christianisme. Les prêtres assuraient les baptêmes, mais on souhaitait conserver une intervention de l’évêque, successeur des apôtres. Les Églises d’Orient, elles, choisirent de conserver l’unité de la célébration, y compris pour les tout-petits. En 1910, un décret du pape Pie X permit l’accès à l’eucharistie dès l’âge de raison, fixé à 7 ans en France, inversant ainsi l’ordre traditionnel des sacrements dans l’Église romaine.

Un sacrement ancré dans la Pentecôte

La confirmation est quelquefois appelée la nouvelle Pentecôte. Cinquante jours après Pâques, l’Esprit Saint descendit sur les apôtres et leur communiqua ses dons pour qu’ils témoignent de leur foi. Ce même dynamisme anime chaque confirmand aujourd’hui. L’Esprit Saint n’est pas une force abstraite ou ésotérique : il rend fort dans l’épreuve, libère du doute et apporte une joie profonde.

Les sept dons reçus lors du sacrement

La tradition catholique identifie sept dons de l’Esprit Saint, déjà présents dans l’Ancien Testament sous forme de liste :

  1. La sagesse — le don le plus élevé, qui fait goûter Dieu
  2. L’intelligence — une connaissance partielle du mystère divin
  3. Le conseil — la capacité à choisir le bien
  4. La force — pour accomplir la volonté de Dieu
  5. La science — la connaissance de ce que Dieu désire
  6. La piété — l’affection filiale envers le Père
  7. La crainte — le respect aimant vis-à-vis de Dieu

Qui peut recevoir ce sacrement ?

Selon le droit canon de 1983, la confirmation peut être conférée aux fidèles aux alentours de l’âge de raison. En 1985, les évêques français décidèrent de la situer entre 12 et 18 ans. Mais les pratiques diocésaines varient. Le diocèse de Dijon, par exemple, confirme les enfants dès 10-11 ans. D’autres diocèses préfèrent attendre 16-17 ans pour mieux manifester la part de liberté personnelle. De plus en plus d’adultes reçoivent aussi ce sacrement chaque année, souvent lors de la Vigile pascale.

Comment se déroule la célébration de la confirmation ?

La cérémonie de confirmation suit quatre temps essentiels. Le premier insiste sur la liberté : chaque confirmand, appelé par son prénom, répond « Me voici ». Ce geste simple est d’une intensité particulière. Puis vient une profession de foi, reprise du baptême, qui manifeste la continuité entre les deux sacrements.

L’évêque — ministre ordinaire de la confirmation étant successeur des apôtres — procède alors à l’imposition des mains, geste liturgique très ancien mentionné dans les Actes des Apôtres. Il prononce une prière trinitaire avec les prêtres qui l’entourent. Enfin, il trace sur le front du confirmand une onction avec le Saint Chrême, huile parfumée mélangée de résine balsamique.

Cette huile est riche de sens. Elle rappelle l’onction des rois d’Israël, évoquée en 1 Samuel 16,13. Elle symbolise la force que donne l’Esprit, comparable à l’huile dont on enduisait les lutteurs pour les assouplir face à l’adversaire. Le célébrant déclare : « Sois marqué de l’Esprit Saint, le don de Dieu ». Le confirmand répond juste : « Amen. »

Étape Geste ou parole Signification
Appel par le prénom « Me voici » Liberté et consentement
Profession de foi Renouvellement des promesses baptismales Continuité avec le baptême
Imposition des mains Geste de l’évêque et des prêtres Don de l’Esprit Saint
Onction du Saint Chrême Huile parfumée sur le front Force et mission apostolique
Geste de paix De l’évêque au confirmand Accueil dans la communauté

Comme le baptême, la confirmation imprime une marque indélébile dans l’âme — ce que la théologie nomme le caractère. Elle ne peut donc être reçue qu’une seule fois. Le confirmé porte une écharpe blanche ou rouge, couleur liturgique de la Pentecôte, symbole du feu de l’Esprit.

La préparation au sacrement

La préparation vise à conduire le chrétien vers une union plus intime au Christ. Pour les collégiens et lycéens, elle s’étend sur une année, avec des rencontres régulières et un temps de retraite. Pour les adultes, des groupes spécifiques existent dans chaque diocèse, sur six mois à un an. Les célébrations ont lieu, très souvent, autour de la fête de la Pentecôte. Si vous souhaitez approfondir ce cheminement de foi, ou même découvrir les premières étapes vers la foi chrétienne, je vous invite à lire notre article sur comment devenir catholique : étapes et conseils pour la conversion.

Un sacrement aux effets concrets sur la vie chrétienne

Le pape François parle de disciple-missionnaire pour désigner celui qui accueille l’Esprit en lui. La confirmation n’est pas une étape administrative. Elle rend capable, peu à peu, de témoigner du Christ sans crainte. Elle est un préalable obligatoire pour devenir parrain ou marraine, pour un mariage religieux, ou pour prendre une responsabilité dans l’Église.

Vivre pleinement sa confirmation au quotidien

Je me souviens d’un homme d’une soixantaine d’années, confirmé lors d’une Pentecôte à Roanne, qui me confiait après la célébration : « Je ne pensais pas que cela me toucherait autant. » La grâce du sacrement ne s’épuise pas le jour de la cérémonie.

La confirmation fait du baptisé un adulte dans la foi, capable de porter la responsabilité de faire connaître l’amour de Dieu. Comme le chrême répand un parfum, le confirmé est appelé à répandre autour de lui la bonne odeur du Christ. Le sacrement de confirmation est d’abord un don que Dieu fait, non une performance humaine. C’est lui qui confirme, nous qui recevons.

L’Esprit Saint se joint à notre esprit pour que nous vivions avec le Christ. Il nous tourne vers le Père, nous met en relation les uns avec les autres, car il est source de communion. Dans les Actes des Apôtres 1,8, Jésus déclare : « Vous allez recevoir une force, celle de l’Esprit Saint qui descendra sur vous. Vous serez alors mes témoins jusqu’aux extrémités de la terre. »

Prendre le temps de relire ce que la confirmation a déposé en soi — les dons reçus, les engagements pris — reste un exercice spirituel fécond, à tout âge de la vie.

Sources : wiki de la réligion Catholique

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