Église de pierre avec clocher entourée de cimetière et verdure

Religion

Par Nicolas

Plus ancienne église de l’Eure : histoire et localisation

L’article en bref

L’église Notre-Dame-Hormis-l’Eau à Rugles serait la plus ancienne église de l’Eure, datée du début du Xe siècle par analyses radiocarbone. Découvrez les caractéristiques remarquables de ce joyau du patrimoine normand :

  • Une datation exceptionnelle : construction au tout début du Xe siècle, confirmée par les charbons des mortiers d’origine.
  • Une architecture carolingienne distinctive : maçonnerie en opus spicatum (arêtes de poisson), nef rectangulaire et abside demi-circulaire.
  • Des décors préservés : damier sculpté aux impostes des arcades, caractéristique de l’art roman naissant, protégé par des bouchages anciens.
  • Une continuité d’occupation : présence de murs romains identifiés en 1921, témoignant d’une occupation humaine bien antérieure.

Je me souviens d’une visite à Rugles, par un matin d’automne brumeux, où la Risle coulait silencieusement au pied d’un édifice modeste et pourtant d’une ancienneté stupéfiante. Cette église, nichée au bord de l’eau, m’a profondément touché. Peu de visiteurs savent qu’ils se trouvent devant ce qui pourrait bien être la plus ancienne église de l’Eure, et peut-être même de toute la Normandie.

L’église Notre-Dame-Hormis-l’Eau à Rugles : la doyenne de l’Eure

La réponse à la question quelle est la plus ancienne église de l’Eure désigne aujourd’hui Notre-Dame-Mis à part-l’Eau, à Rugles. Les analyses par radiocarbone ont daté sa construction au tout début du Xe siècle. Ce résultat, obtenu grâce aux charbons piégés dans les mortiers d’origine, place cet édifice au rang extraordinaire de la plus vieille église de Normandie selon cette façon de datation.

Ce qui me frappe, chaque fois que j’évoque cet édifice, c’est la rapidité avec laquelle ses bâtisseurs l’ont fait évoluer. Moins d’un demi-siècle après la construction initiale, les arcades de la nef étaient déjà percées. Une transformation remarquable pour une époque où les travaux de maçonnerie avançaient lentement.

Une architecture carolingienne aux détails rares

L’édifice présente une maçonnerie en opus spicatum, ce dispositif en arêtes de poisson visible dans l’élévation des murs, caractéristique de la construction préromane. La nef rectangulaire, plus large que le chœur, s’achève sur une abside demi-circulaire. L’appareil combine de petites pierres interrompues par des chaînages de briques doubles ou triples épousant les contreforts, un vocabulaire constructif d’une grande cohérence.

Un damier sculpté ornait les impostes des arcades, motif typique de l’art roman naissant. Ces décors ont été préservés par les bouchages en maçonnerie qui les recouvraient, protégés malgré eux par des siècles d’oubli. Une grâce involontaire de l’histoire.

Les fouilles archéologiques de 2021

Du 24 mai 2021 au 4 juin 2021, une quinzaine d’étudiants de l’Université de Rouen, âgés de 20 à 22 ans, ont conduit des fouilles autour de l’édifice. L’opération était encadrée par Nicolas Wasylyszyn, ingénieur du patrimoine et adjoint au chef de service à l’UDAP Eure, et par Mariacristina Varano, responsable de l’opération et enseignante-chercheur à Rouen.

Le ministère de la Culture, via la Drac, a financé ce projet. Le GRHis et l’association Les Étoiles du Patrimoine y étaient associés. Les objectifs visaient à comprendre les niveaux d’occupation médiévale, à saisir le passage du site antique au culte chrétien, et à reconstituer l’histoire complète du lieu.

Un site chargé d’histoire antique

Dès 1921, l’archéologue Léon Coutil avait mis au jour des murs romains sur ce site, sans lien apparent avec l’église chrétienne. Cette présence antique renforce l’idée d’une continuité d’occupation humaine sur ce territoire, bien au-delà du Xe siècle. L’église, désaffectée à la Révolution française, n’est entourée d’aucun cimetière, ce qui ajoute à son caractère singulier parmi les lieux de culte normands.

Les autres grandes églises anciennes de l’Eure et de Haute-Normandie

L’Eure ne se résume pas à un seul joyau médiéval. La région offre un patrimoine religieux d’une richesse considérable, que je vous invite à examiner avec le même soin qu’un lecteur de manuscrits anciens.

Voici quelques édifices majeurs à connaître :

  • La Cathédrale Notre-Dame d’Évreux, fondée au Xe siècle, abrite 70 verrières datant du XIIIe au XVIe siècle et treize chapelles rayonnantes aux clôtures en bois sculpté du XVe au XVIIIe siècle.
  • La Collégiale Notre-Dame des Andelys, fondée en 1225, figure parmi les plus belles réalisations gothiques de la région.
  • La Collégiale Notre-Dame-de-l’Assomption à Écouis, bâtie de 1310 à 1313, témoigne de la générosité des commanditaires médiévaux.

L’Abbaye de Bonport, affiliée à l’ordre cistercien, possède un réfectoire voûté du XIIIe siècle d’une grande sobriété. L’Abbaye Saint-Georges de Boscherville, fondée aux XIIe et XIIIe siècles, s’étend sur sept hectares. Ces lieux incarnent des siècles de foi bâtisseure, pour reprendre une expression chère aux historiens de l’architecture sacrée.

L’église de Pierre-Ronde à Mesnil-en-Ouche

Je tiens à mentionner cet édifice discret mais captivant. Datant également du Xe siècle, l’église de Pierre-Ronde, à Mesnil-en-Ouche, possède des maçonneries et enduits remontant à cette époque reculée. Son clocher en essentes de chêne constitue une originalité architecturale rare en Normandie.

Sa restauration exemplaire a reçu le Prix Trévise 2017, une distinction qui récompense les interventions les plus respectueuses du patrimoine bâti. Les charpentes lambrissées, les peintures anciennes et le panachage subtil des tuiles ont été traités avec une délicatesse remarquable. Les merrains subsistants ont été conservés, complétés par de nouveaux merrains de chêne teintés.

Édifice Localisation Datation
Notre-Dame-Sans compter-l’Eau Rugles Début du Xe siècle
Église de Pierre-Ronde Mesnil-en-Ouche Xe siècle
Cathédrale Notre-Dame Évreux Xe siècle
Collégiale Notre-Dame des Andelys Les Andelys 1225

Le patrimoine religieux de l’Eure, une source vivante pour les amateurs d’histoire sacrée

Visiter ces édifices, c’est bien davantage que contempler des pierres. C’est lire des siècles de dévotion, d’architecture et de foi. Je vous encourage vivement à observer, lors de vos visites, les détails symboliques qui ornent ces constructions. Saviez-vous, par exemple, que le coq placé sur les églises possède une symbolique et des origines profondes que peu de fidèles connaissent réellement ?

L’Eure mérite une exploration méthodique, édifice par édifice. Chaque village cache parfois un trésor que les guides touristiques habituels négligent. La Collégiale Notre-Dame de Vernon, l’Abbaye Saint-Georges de Boscherville ou Notre-Dame-Sans compter-l’Eau à Rugles méritent chacune une visite attentive, carnet en main, pour saisir l’empreinte du temps chrétien sur ce territoire normand.

Sources : wiki de l’Églisewiki de la réligion Catholique

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