L’article en bref
Le Vendredi saint commémore la crucifixion du Christ, jour central de la foi chrétienne.
- Célébré le vendredi précédant Pâques, il marque l’arrestation, le procès et la crucifixion de Jésus au Golgotha
- La liturgie se distingue par son caractère sobre : pas de messe, église dépouillée, lecture de la Passion selon saint Jean
- L’adoration de la Croix constitue le moment central, transformant l’instrument de supplice en symbole d’espérance et de gloire
- Le chemin de croix à quinze heures permet de méditer les quatorze stations des derniers moments du Christ
- Jour férié en Alsace-Moselle depuis 1892, témoignant de l’importance historique de cette commémoration
Je me souviens de ce Vendredi saint où, jeune séminariste, je me trouvais pour la première fois devant la croix dénudée de notre chapelle. Le silence qui régnait ce jour-là m’avait profondément marqué, bien plus que tous les enseignements théologiques que j’avais pu recevoir. Ce moment de recueillement devant l’instrument du supplice transformé en symbole d’espérance demeure gravé dans ma mémoire comme l’une des expériences les plus profondes de ma vocation. Aujourd’hui, comme rédacteur pour le blog de l’église de Roanne, je souhaite partager avec vous la richesse spirituelle et historique de ce jour sacré qui marque l’accomplissement du dessein divin.
Le Vendredi saint constitue le cœur battant de notre foi chrétienne. Il s’agit du vendredi précédant la grande fête de Pâques, journée durant laquelle nous commémorons l’arrestation, le procès et la crucifixion de Notre Seigneur Jésus-Christ. Cette commémoration solennelle fait partie intégrante de la Semaine sainte, période liturgique capitale dans le calendrier catholique.
La compréhension profonde de ce jour sacré
Le récit évangélique de la Passion
Je dois vous confier que chaque fois que je lis le récit de la Passion, une émotion particulière m’envahit. L’histoire commence par la trahison de Judas Iscariote, disciple qui livra son Maître aux autorités du Temple. Les grands prêtres accusèrent Jésus de semer le désordre par ses enseignements, mais surtout d’usurper le titre de Messie. Le grand prêtre Caïphe l’interrogea directement : était-il le Messie, le Fils du Dieu béni ? La réponse de Jésus, simple et directe, scella son sort.
Le Sanhédrin, conseil suprême siégeant à Jérusalem, considéra cette déclaration comme un blasphème passible de mort. Néanmoins, les autorités religieuses juives ne possédaient pas le pouvoir de prononcer des sentences capitales. Cette prérogative appartenait exclusivement au gouverneur romain Ponce Pilate, qui administrait la Judée entre 26 et 36 après Jésus-Christ.
Le chemin vers le Golgotha
Après sa flagellation, Jésus dut porter la traverse de sa croix, le patibulum, jusqu’au lieu du supplice. Le Golgotha, dont le nom signifie littéralement « Mont du crâne », s’élevait tel un éperon rocheux d’une dizaine de mètres en dehors de Jérusalem. Les soldats romains y avaient dressé en permanence des pieux verticaux de trois à quatre mètres, instruments ordinaires de ce châtiment réservé aux criminels, aux esclaves et aux insurgés.
Du haut de sa croix, entre midi et quinze heures selon l’Évangile de Marc, Jésus prononça ses dernières paroles. Il confia sa mère à Jean, le disciple bien-aimé, respectant ainsi le droit juif qui lui permettait de formuler ses dernières volontés. Au-dessus de sa tête, les soldats avaient placé un écriteau ordonnée par Pilate : « Celui-ci est Jésus, le roi des Juifs ».
L’ensevelissement et la mise au tombeau
Contrairement à la pratique romaine qui laissait les crucifiés exposés, deux notables juifs, Joseph d’Arimathie et Nicodème, prirent des risques considérables en demandant à Pilate l’autorisation d’ensevelir le corps. Ils voulaient éviter à Jésus la fosse commune ou l’abandon aux bêtes sauvages. Descendu de la croix avant le coucher du soleil, conformément à la loi mosaïque, Jésus fut enveloppé dans un linceul blanc et déposé dans une tombe proche du lieu du supplice.
Les célébrations liturgiques et leur signification
Une liturgie empreinte de sobriété
L’office du Vendredi saint se singularise par son caractère unique dans l’année liturgique. Point de messe ce jour-là, mais une longue liturgie de la Parole centrée sur la proclamation du récit de la Passion. L’autel et l’église demeurent dépouillés, sans fleurs ni cierges, les croix et tableaux recouverts de voiles. Cette sobriété exprime le deuil de l’Église face à la mort de son Époux.
La célébration comprend la lecture du livre d’Isaïe, qui présente la figure du Serviteur souffrant, préfiguration prophétique du Christ. S’ensuit la lecture intégrale des chapitres 18 et 19 de l’Évangile selon Jean, narrant les dernières heures du Sauveur. La prière universelle porte à l’attention de l’assemblée dix intentions particulières, embrassant l’Église entière et l’humanité.
L’adoration de la croix et le chemin spirituel
Un moment central de la célébration réside dans l’adoration de la Croix. Je me souviens particulièrement d’un Vendredi saint où j’ai contemplé la croix avec une intensité nouvelle, comprenant qu’il ne s’agissait pas de vénérer l’instrument de torture, mais d’adorer par anticipation la croix de gloire, celle du Christ ressuscité. Cette pratique, née à Jérusalem où elle se déroulait sur le Golgotha même, fut adoptée à Rome au VIe siècle.
| Étape liturgique | Signification spirituelle |
|---|---|
| Liturgie de la Parole | Annonce prophétique et récit évangélique |
| Prière universelle | Intercession pour l’Église et l’humanité |
| Adoration de la Croix | Contemplation du mystère pascal |
| Communion | Pain et vin consacrés le Jeudi saint |
Le chemin de croix, exercice de piété né au XIVe siècle chez les franciscains de Terre sainte, permet aux fidèles de méditer sur les derniers moments de la vie terrestre du Christ. Traditionnellement proposé à quinze heures, heure présumée de sa mort, il comprend quatorze stations, parfois complétées par une quinzième évoquant la Résurrection.
L’héritage vivant de cette tradition
En Alsace-Moselle, une particularité juridique maintient le Vendredi saint comme jour férié légal, héritage d’une ordonnance allemande de 1892. Cette spécificité locale, inscrite dans le Code du travail, témoigne de l’importance historique et culturelle de ce jour dans certaines régions françaises. Les habitants du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle bénéficient ainsi de ce temps privilégié de recueillement.
La signification profonde du Vendredi saint réside dans la compréhension que la vie surgit de la mort en christianisme. Ce qui sauve l’humanité n’est point la souffrance en elle-même, mais l’amour avec lequel le Christ accepta librement ce sacrifice. Dans cette journée de deuil se trouve déjà en germe la puissance de la Résurrection, cette espérance qui illuminera le matin de Pâques.
Sources externes : wiki de l’Église et wiki de la réligion Catholique.
