RENAITRE… d’en haut !


Lorsque j’ai voulu vous écrire que par la célébration du mystère pascal, nous sommes « renés » à la vie éternelle, mon correcteur orthographique m’a signalé que « renés » était incorrect !!!
Cette « renaissance » est inconnue de la grammaire du monde, car elle ne nous a été donnée que par la résurrection du Christ ! Elle est vraiment le cadeau du Seigneur au monde, que le monde ne peut imaginer, ni se donner. Nicodème, qui était venu voir Jésus de nuit lui demande : « Comment puis-je renaître ? Puis-je rentrer une nouvelle fois dans le sein de ma mère ? »

Non, ce n’est pas de ce sein-là qu’il nous faut renaître. Mais du sein de l’Église. Juste avant sa Pâque, Jésus demande à Jacques et Jean : « Pouvez-vous être baptisé du baptême dans lequel je vais être plongé ? »

Le baptême dont Jésus parle ici n’est pas le baptême reçu de Jean-Baptiste, lorsqu’il fut plongé dans le Jourdain, mais le baptême du Golgotha où Il fut plongé dans la mort humaine et où Il ressuscita à la Vie Glorifiée !

Le pouvons-nous ? La Veillée pascale, qui est le cœur de la liturgie chrétienne, a précisément cet office de nous plonger dans la mort et la résurrection du Christ : elle nous fait entrer dans l’église, entièrement noire, et progressivement, par la parole, par les sacrements de l’Église, la lumière vient. Nous plongeons dans le tombeau du Christ, et avec Lui, nous accueillons la lumière de la vie nouvelle. Il s’agit d’une renaissance ! Comme l’enfant naît en passant de l’obscurité du sein maternel à la lumière du jour… Cette entrée dans la lumière de la foi, que vivent les baptisés de Pâques, et avec eux, tous les chrétiens, est une véritable renaissance.
Nous pouvons l’appréhender en remarquant que d’année en année, il nous fait quitter telle ou telle obscurité de nos vies, pour nous faire resplendir de tel ou tel rayon de sa sainteté.

Du coup, pendant ce temps pascal, il est bon de discerner quelle « renaissance » le Christ a opérée en nous. Il est possible que vous ayez demandé telle ou telle libération, guérison, passage dans votre vie. Dieu vous l’a peut-être accordé ? Et s’il ne l’a apparemment pas fait, c’est sans doute une bonne nouvelle pour vous : il vous a donné davantage !
Au cours du temps pascal, demandons la grâce de reconnaître que le Seigneur, tel le bon Berger, nous fait passer par les ravins de la mort pour nous mener aux verts pâturages.
Demandons la grâce de discerner quelle renaissance Il nous a offerte. Gardons-la au secret de notre prière et de notre consécration… et au jour de la Pentecôte, demandons au feu de l’Esprit Saint de venir confirmer la grâce du Seigneur en nous… et qu’elle devienne en nous, action de grâce.

p. Étienne Guibert